En 1933, Charles Brenans s'engage comme lieutenant méhariste, c'est-à-dire à dos de dromadaire, dans le désert au Sud de l'Algérie. 
Un an avant, il avait vu au cinéma l'adaptation  du célèbre roman de Pierre Benoit : "l'Atlantide", située par l'auteur sous les sables du Sahara.
Parti à la recherche de la belle Antinéa, reine de l'Atlantide, il découvre des peintures rupestres inconnues qu'il copie au crayon de couleur.
Cliquez pour agrandir
Il envoie ses relevés à l'abbé Breuil qui demande à Jean Bouyssonnie de les recopier en noir et blanc.
Pour interpréter cet art, l'abbé Breuil isole parfois certaines scènes et leur donne des titres comme ici : "Joséphine vendue par ses soeurs". Né en 1887, l'abbé Breuil est alors âgé de 77 ans et ne peut se rendre sur place. En 1957, l'exposition qu'il présente au Musée des Arts Décoratifs à Paris : "Peintures préhistoriques au Sahara" remporte un vif succès et fait date.
C'est un disciple de l'abbé Breuil, Henri Lhote, lui-même fasciné par le mythe de l'Atlantide, qui croira en reconnaître la reine sur une paroi du Tassili et intitulera ce relevé : "Antinéa".
Cette trouvaille se passe en 1956 au cours de la mission qu'il organise avec des peintres de Montmartre pour faire les relevés sur calque de milliers de figures préhistoriques du Tassili.
Au Tassili, Henri Lhote découvrira aussi un personnage qu'il appelera : « La Dame Blanche d’Aouanghet » qui semble attester le passage par le désert de la célèbre "Dame Blanche du Brandberg" découverte par l'abbé Breuil en Namibie et que celui-ci tient pour une déesse égyptienne ayant traversé toute l'Afrique depuis le Nil pour enseigner son art aux autochtones Boshimans.
Jean-Loïc Le Quellec est checheur, ethnologue, anthropologue et préhistorien, spécialiste de l'art rupestre au Sahara. Il livre le fruit de ses recherches sur son site : www.rupestre.fr
Cliquez pour agrandir
Article | Sommaire