Focus

INTERDIRE LA CHASSE CHEZ SOI, C'EST POSSIBLE

DEFENDRE DE CAÇAR A L'ENTORN DE SON OSTAL, ES POSSIBLE BAN HUNTING ON YOUR LAND? YES, YOU CAN!

Tableau de chasse
Tableau de chasse – La Dordogne compte 1337 sociétés de chasse, dont 50 ACCA, 393 sociétés communales et 894 sociétés de chasse privées. Pour savoir dans quelle structures sont éventuellement placées vos parcelles ou futures parcelles, la première chose à faire est de contacter la Fédération des Chasseurs de votre Département.

Compte tenu d'accidents déplorables survenus en France ces dernières années – balles perdues qui ont mortellement touché des automobilistes, des randonneurs ou des riverains dans leur jardin – la tension monte entre les chasseurs et ceux qui estiment qu'il ne devrait ne pas y avoir de chasse chez eux. Et c'est leur droit. Le droit de non-chasse existe, sauf dans trois départements en Alsace-Moselle, qui font exception. Pour faire valoir ce droit de non chasse partout ailleurs, il convient d'en faire la demande par courrier recommandé avec accusé de réception adressé à la Fédération des Chasseurs de votre Département. Leurs présidents et leurs techniciens sont vos interlocuteurs privilégiés, ils sauront vous renseigner et vous accompagner. Eux seuls sont habilités à le faire. Nous allons dans cet article vous indiquer concrètement les démarches à suivre, elles sont simples et rapides.

LE TARDIGLOBE - COUP D’ENVOI

LA SOIF D'APPRENDRE ET LE GOÛT D'ESPÉRER

En 2018, nous avons entamé un projet nommé « TARDIGLOBE ».
Le but : explorer, progresser, transmettre, dans le domaine des sciences naturelles. Élargir la notion de Préhistoire, qui traite de l’émergence de l’humain sur Terre, à l’histoire de la vie qui commence avec la formation de notre planète, il y a 4,6 milliards d’années.

L’objectif étant de mettre en évidence que sur la planète bleue, toutes les formes de vie disparues ou à venir sont liées. En préambule, nous vous proposons l’interview fleuve de Gilles Boeuf, éminent biologiste français, grand amoureux de l’Océan et ancien directeur du Muséum national d’Histoire naturelle de Paris.

En vingt-quatre minutes, il va pour vous retracer l’histoire de la vie sur Terre et l’importance de réharmoniser le triangle biodiversité / climat / humain. Car comme il le dit si bien lui-même :
« Agresser ce à quoi on appartient pour une espèce qui s’est appelée « Sapiens », franchement c’est con ! » Au fil de cette nouvelle année, nous retrouverons à intervalles réguliers le scientifique Gilles Boeuf qui racontera plus en détail chaque grande étape de l’évolution de la vie sur Terre.

Dans la foulée, de nombreux chercheurs vont se joindre à ce projet qui promet de nous redonner :
« la soif d’apprendre et le goût d’espérer » selon la si jolie formule du philosophe Lucien Jerphagnon.
Le TARDIGLOBE, c’est pour vous, c’est maintenant.

à Abel

Sophie Cattoire
Journaliste Grand Reporter

L’ART RUPESTRE DE LA TASSILI‑N‑AJJER

La vie dans un Sahara vert balayée par l’avancée du désert entamée il y a 7 000 ans

Les œuvres rupestres de la Tassili‑n‑Ajjer évoquent la vie pastorale dans un Sahara central verdoyant il y a environ 7000 ans. © Jean-Loïc Le Quellec
Les œuvres rupestres de la Tassili‑n‑Ajjer évoquent la vie pastorale dans un Sahara central verdoyant il y a environ 7000 ans. © Jean-Loïc Le Quellec

Elles étaient belles, éblouissantes, quasi familières et pourtant impossibles à situer dans le temps. « Les fresques du Tassili » telles qu’on les a nommées au siècles dernier sont, on le sait à présent, les œuvres des premiers éleveurs agriculteurs du Sahara central. Car en effet, il y a entre 9000 et 5000 ans, le Sahara était vert et accueillant pour les humains qui se sédentarisèrent, tout comme pour les bovins, les ovins et caprins qu’ils y élevèrent progressivement. Un Sahara verdoyant peuplé de paysans débutants, c’est à la fois une révélation et une évidence, car c’est ce qu’ils racontèrent de leur vivant en peintures et en gravures sur les parois rocheuses qui les entouraient. On les voit y mener leurs troupeaux et célébrer les temps forts de leur vie pastorale : fêtes, danses, rites. Leurs œuvres rupestres révèlent jusqu’à la façon dont ils étaient vêtus et coiffés. Ainsi depuis des millénaires, les parois rocheuses ont conservé ce qui animait la vie et le cœur des premiers pasteurs du Sahara central. Et comme l’écrit Maadiar dans ses bulles inspirées, portées par les dessins de Fréwé dans la bande dessinée qu’ils viennent de sortir intitulée « Tassili, une femme libre au Néolithique » : « Même si nos drames et nos rêves sont oubliés, nos peintures, nos dessins chantent encore nos histoires à la face des roches [...] toutes ces traces chantent encore nos vies passées. La vie de l’ancien Sahara. »

L’ART RUPESTRE AU SAHARA

LE DÉSERT DU TASSILI VICTIME DU MIRAGE DE L’ATLANTIDE

Fragment d'une fresque du Tassili provenant de Tasīli-n-Ajjer (Photo © Jean-Loïc Le Quellec)
Fragment d'une fresque du Tassili provenant de Tasīli-n-Ajjer (Photo © Jean-Loïc Le Quellec)

L’art rupestre préhistorique, présent sur tous les continents, tapi au fond des cavernes ou rayonnant à flanc de rocher, témoigne de cultures oubliées, révélées par ces précieuses traces qui stimulent notre imaginaire à la façon d'un lexique que nous pourrions décrypter. Le piège c'est que parfois de mauvaises clefs semblent parvenir à ouvrir ces étranges portes...
Jean-Loïc Le Quellec, anthropologue, ethnologue et préhistorien, a ainsi « mis au jour » la façon dont les Occidentaux ont calqué, au siècle dernier, leurs mythologies propres sur les parois d’abris rocheux du désert de Tassili, en Afrique du Nord, en y voyant essentiellement ce qu’ils avaient envie d’y voir.
Un biais interprétatif assez classique qui conduisit en l'occurrence l'abbé Breuil en personne à voir sur les parois rocheuses du Tassili, où il n'est jamais allé, une Dame Blanche en lieu et place d'un homme noir. Chercheur doué d'un esprit critique notoire, Jean-Loïc Le Quellec est parvenu à reconstituer cette histoire, patiemment, méthodiquement, bénéficiant du corpus complet des évènements passés :
« Avec le recul il est plus facile de déceler, au-delà des faits, les présupposés idéologiques qui ont pu faire levier » précise-t-il. «  C’est plus facile de regarder ce qui s’est passé il y a cinquante ans pour s’apercevoir qu’en définitive, en croyant faire de la science, nos prédécesseurs ont fait de la mythologie. »

Voici l'histoire en douze images légendées. En bas de page vous retrouverez l'article de fond qui reprend dans le détail les jalons historiques de cette invraisemblable méprise.

HOMO FABER

On a percuté il y a 3,3 millions d’années !

Pierre-Jean TEXIER, Director Emeritus for research at the CNRS – UMR 7269, Laboratoire méditerranéen de Préhistoire, Europe-Afrique, LAMPEA, CNRS, Aix-Marseille University.
Pierre-Jean TEXIER, Directeur de recherche émérite du CNRS - UMR 7269, Laboratoire méditerranéen de Préhistoire, Europe-Afrique, LAMPEA, CNRS, Aix-Marseille Université.

Les premiers tailleurs, les premiers artisans, ont fabriqué à partir de roches volcaniques, phonolite et basalte, des éclats tranchants en fracturant ce type de blocs. C’était il y a 3,3 millions d’années sur la rive ouest du Lac Turkana, en Afrique, au Kenya.
L’ancien record d’ancienneté était jusqu’alors détenu par des galets aménagés, datés de 2,6 millions d’années, découverts à Kada Gona en Éthiopie en 1976 par la même équipe alors dirigée par Hélène Roche.
Poursuivant ses recherches, cette mission française à présent dirigée par la disciple d’Hélène Roche, Sonia Harmand, est parvenue à faire reculer l’âge des pierres taillées de 700 000 ans. grâce à ces nouvelles découvertes faites en 2011 et 2012, dans le cadre du West Turkana Archaeological Project.
Pierre-Jean Texier, lithicien de haut rang, l’un des commissaires scientifiques de l’exposition HOMO FABER, avec son regard bleu azur et son sourire fraternel, nous permet grâce à la clarté de ses explications de mesurer l’importance de ces objets-là : éclats, nucléus, outils de martelage et enclumes.

Sophie CATTOIRE

Yvonne et Éric Castang sont présents sur le marché du Bugue chaque mardi et samedi matin
Photo copyright : Sophie Cattoire
Yvonne et Éric Castang sont présents sur le marché du Bugue chaque mardi et samedi matin
Photo copyright : Sophie Cattoire

Si l'on s'éloigne au moment de s'embrasser, ce qui je l'avoue me coûte en présence de mes congénères préférés, il y a un toutefois un phénomène vraiment réconfortant qui émerge de la crise sanitaire que nous traversons. Fuyant les foules par sage précaution, nous avons redécouvert sur le plan alimentaire, nos producteurs locaux. Les maisons paysannes à taille humaine ont renforcé leur succès naissant et aller directement chez les producteurs ou se faire livrer en circuit court est redevenu un réflexe naturel. Ainsi nos producteurs locaux ont-ils pu relever la tête, sans intermédiaire pour les plumer...

Jules Castang en train de botteler au frais sous le tilleul
Jules Castang en train de botteler au frais sous le tilleul

LETTRE D’AMOUR AU PÉRIGORD

La famille Castang de Mauzens Miremont a réinventé une façon naturelle de cultiver son jardin. Un maraîchage sage et éclairé à base d’insectes et de bons sens. Une approche véritablement porteuse d’avenir. C'est pour ce genre de démarche que nous avons créé cette rubrique « Avenir », pour laisser quelque chose qui donne à nos enfants l’envie de continuer. Ce que m'ont précisément laissé Louise et Albin, deux paysans tendres et généreux qui m'ont adoptée lorsqu'enfant j'eus la bonne intuition de choisir, pour y vivre avec mes parents, la ferme qui jouxtait la leur.

Exposition présentée en 2018 à la Gare d'Austerlitz à Paris par le Muséum national d'Histoire Naturelle. « À la découverte de la paléontologie, du plus petit des microfossiles au plus grand des dinosaures ».
Photo copyright : Sophie Cattoire
Exposition présentée en 2018 à la Gare d'Austerlitz à Paris par le Muséum national d'Histoire Naturelle. « À la découverte de la paléontologie, du plus petit des microfossiles au plus grand des dinosaures ». Photo copyright : Sophie Cattoire

L'irruption de la Préhistoire au beau milieu du XIXᵉ siècle fut un choc collectif considérable. Non, le monde ne s'était pas fait en sept jours, c'était décidément trop court. Dès lors, la Préhistoire commença à agir sur l'homme moderne, aussi profondément que confusément. L'art moderne parviendra parfois à traduire ce choc, car l'artiste extériorise ce qui l'habite au lieu de le refouler. C'est la piste de recherche dans laquelle s'est engouffré Rémi Labrusse, historien de l'art moderne. Il nous a proposé cet automne de partager le fruit de ses découvertes, à la faveur d'une conférence donnée au Pôle d'interprétation de la Préhistoire des Eyzies, en écho à l'exposition collective « Préhistoire, une énigme moderne » présentée cet été au centre Pompidou à Paris. Selon lui, à grands traits, l'art moderne, bouleversé par l'art préhistorique, traduit une perméabilité à ce grand passé, à l'envers de l'Histoire, qui renverse toute vision linéaire du progrès pour imposer la notion de boucle, et donc d'infini. L'art n'est pas datable, il est.

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